L’intelligence artificielle s’invite enfin dans la fonction publique française avec le lancement d' »Albert », une initiative déployée par l’État. Ce projet, qui a été en phase d’expérimentation ces derniers mois, aspire à une généralisation prévue pour 2025. Cependant, le parcours vers la démocratisation de l’IA au sein de la fonction publique pourrait être jonché d’obstacles.
Albert : L’IA de la fonction publique
À l’origine de cette innovation, la direction interministérielle du numérique (Dinum) s’est engagée à développer l’IA « Albert ». Ce modèle d’IA générative repose sur des technologies open source, intégrant les modèles Llama 3.1 de Meta et ceux de Mistral.
Cette approche vise à garantir une certaine souveraineté technologique pour la France, bien que cette souveraineté soit partielle, étant donné que Meta, un acteur majeur du secteur, est impliqué dans le développement.
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IA Albert : Un déploiement progressif dans l’administration
Le ministre de la Fonction publique, Laurent Marcangeli, s’apprête à dévoiler un plan qui détaillera l’intégration d’Albert dans les services publics. Actuellement, le déploiement de l’IA a commencé par les conseillers des maisons France Services, qui offrent une assistance aux citoyens dans leurs démarches administratives.
On appelle cela désormais « Albert France Services ». À ce jour, une soixantaine d’agents ont utilisé l’IA Albert, dans une trentaine de guichets qui ont testés cette technologie, notamment pour la gestion des courriels, la recherche d’informations et la génération de textes.
Une API ouverte à tous les services de l’État,
Pour faciliter l’intégration d’Albert dans les différentes administrations, une interface de programmation (API) a été mise à disposition depuis l’été dernier. Cela permet aux entités gouvernementales d’incorporer cette technologie dans leurs propres services.
Des secteurs comme la Culture et la Justice ont déjà commencé à expérimenter cette nouvelle IA, témoignant d’un intérêt croissant pour son potentiel. L’administration française sera t-elle plus performante grâce à cet outil ?
Mais des services réticents…
Cependant, l’enthousiasme n’est pas partagé par tous. La direction générale des Finances publiques a décidé de ne pas adopter Albert, préférant développer sa propre solution d’intelligence artificielle.
Ces réticences soulèvent des questions sur l’efficacité et la fiabilité d’Albert, d’autant plus que certains utilisateurs ont signalé des « hallucinations » — c’est-à-dire des erreurs ou des réponses inattendues, un problème courant observé avec les nouveaux modèles de langage comme l’IA Lucie, qui a également suscité des critiques lors de son lancement.
On peut également considérer que si des intelligences artificielles telles que Yiaho ou l’outil ChatGPT sont accessibles gratuitement sur Internet, les agents de la fonction publique auront toujours la liberté de recourir à toute autre IA qu’ils jugent plus performante.
La peur de perdre son emploi
Un des principaux freins à l’adoption d’Albert est la crainte des agents administratifs concernant la sécurité de leur emploi. Avec l’avancée rapide de l’IA, de nombreux employés craignent d’être remplacés par des machines dans un futur proche.
Cette inquiétude est d’autant plus pressante que les dirigeants français pourraient envisager l’IA comme une solution pour réduire les effectifs et réaliser des économies, compte tenu du contexte financier délicat du pays.
Le lancement d’Albert représente une étape significative dans la modernisation de la fonction publique française. Néanmoins, les défis éthiques, organisationnels et humains restent à surmonter pour garantir une intégration réussie de l’intelligence artificielle dans les services publics.
Reste à voir comment Albert s’imposera face aux légitimes préoccupations liées à son déploiement.
Source : info.gouv.fr


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