L’hebdomadaire français Le Point, propriété du chef d’entreprise François Pinault, a annoncé un plan social d’ampleur, prévoyant la suppression de 58 postes, dont une partie sera remplacée par des outils d’intelligence artificielle.
Cette décision, confirmée par l’Agence France-Presse (AFP) et le média La Lettre, s’inscrit dans un contexte de baisse des ventes et de concurrence accrue du numérique. La tendance s’intensifie, car il y a quelques semaines, le journal The New York Times a également intégré l’IA dans sa rédaction.
Est-ce le début de la fin pour le journalisme et des autres métiers dans les médias ?
Le Point : Des métiers remplacés par l’intelligence artificielle
Le projet de plan de sauvegarde de l’emploi concerne 32 salariés en CDI et 26 pigistes. Les services de révision et de correction, employant une quinzaine de personnes, sont particulièrement visés. Ces tâches, souvent jugées répétitives, seront désormais en partie confiées à des outils d’IA, mais toujours sous supervision humaine.
Cinq postes de rédacteurs sont également concernés, bien que l’entreprise assure que l’IA ne rédigera pas d’articles. Parallèlement, Le Point envisage la création de 18 nouveaux postes, orientés vers des domaines comme l’enquête et le reportage.
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Pourquoi supprimer des emplois au profil de l’IA ?
La direction justifie ces choix par une volonté de « montée en gamme », visant à se démarquer dans un paysage médiatique dominé par la course à l’actualité numérique.
Contexte : un secteur de la presse en crise
Le Point subit les pressions économiques qui touchent l’ensemble de la presse écrite. La transition vers le numérique, bien que stratégique, s’accompagne d’une concurrence féroce de la part de médias en ligne et de plateformes d’information gratuites. Ce contexte pousse de nombreux titres à réduire leurs coûts tout en investissant dans des technologies innovantes.
L’intégration de l’IA dans les processus éditoriaux, comme la correction ou la révision, est une tendance croissante dans les médias. Des outils comme notre correcteur d’orthographe en ligne ou des algorithmes propriétaires permettent d’automatiser des tâches chronophages, réduisant les besoins en personnel.
Le Point insiste sur un « usage raisonné et supervisé » de ces technologies, excluant pour l’instant leur utilisation dans la rédaction d’articles.
L’IA va remplacer les employés ? Une tendance qui s’accélère
L’exemple de Le Point illustre une tendance plus large : l’intégration de l’IA par les médias pour réduire les coûts et s’adapter à la transformation numérique. Une étude de McKinsey (mars 2024) révèle qu’environ 30 % des heures de travail en Europe pourraient être automatisées d’ici 2030 grâce à l’IA générative, notamment dans les domaines administratif et éditorial.
Cette évolution soulève donc des questions éthiques et sociales. La diminution de certains postes, même si elle est compensée par d’autres créations, pourrait précariser des professionnels qualifiés, et l’automatisation risque d’uniformiser certaines facettes du travail journalistique.
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Correcteurs, traducteurs, rédacteurs… ces professions sont-elles en danger ?
Cette réorganisation, motivée par des impératifs économiques et une volonté de modernisation, met en lumière les bouleversements que l’IA impose au secteur des médias. Au-delà des correcteurs, de nombreuses professions seront inévitablement touchées.
Pour optimiser les coûts, améliorer les processus et les rendre plus rapides, il est légitime de se demander quel avenir attend les traducteurs, les rédacteurs de brèves et même les journalistes eux-mêmes.
Qui peut garantir que ces derniers ne recourent pas déjà à l’IA pour reformuler, corriger leurs erreurs ou améliorer leurs textes ?
De plus, les avancées en matière d’IA générative d’image ou de vidéo soulèvent des interrogations quant à l’avenir des graphistes, des monteurs vidéo et des ingénieurs du son. D’ici dix ans, si l’IA devient cent fois plus puissante qu’aujourd’hui, l’impact pourrait être profondément disruptif pour de nombreux secteurs !
Sources :
- AFP
- La Lettre
- Étude McKinsey



Retour de ping : L’entreprise Duolingo va remplacer ses prestataires par l’IA
C est formidable car pour résoudre la crise de la presse , il y a aussi ceux qui envisagent de remplacer le lecteur par une IA laquelle sera dépitée de voir le résultat du travail des IA supplanté par le crayon et le papier du journaliste qui outre de maîtriser la langue française utilisera des informations passées au crible d’un savoir qui ne doit rien aux écoles professionnelles et aux déontologies assassinées par le sectarisme de la ‘rédaction’ .