Avec le générateur de vidéo Sora 2, OpenAI semble avoir allumé un brasier financier avec son outil de création. Des projections dévoilées par la journaliste Phoebe Liu du média Forbes indiquent que l’entreprise pourrait dépenser jusqu’à 15 millions de dollars chaque jour pour alimenter cette machine à produire des clips animés, souvent qualifiés de fantaisistes ou inutiles.
À l’échelle annuelle, cela représenterait plus de 5 milliards de dollars, une somme colossale qui soulève des questions sur la viabilité économique de cette technologie. La notion de bulle autour de l’IA devient de plus en plus évoquée, et même Sam Altman alerte sur les dépenses excessives, souvent sans retour sur investissement. Chez Yiaho aussi, nous sommes pleinement conscients des enjeux liés aux coûts et à la gratuité de l’IA, alors examinons cela ensemble.
Sora 2 : Des dépenses intenables
Le responsable de Sora au sein d’OpenAI, Bill Peebles, l’a lui-même admis fin octobre : les coûts actuels sont tout simplement intenables.
Ces estimations reposent sur une série d’hypothèses, car l’entreprise garde jalousement ses données précises sur l’utilisation de l’outil. Elles intègrent des variables mouvantes comme le prix des processeurs graphiques (GPU), l’efficacité des calculs, le volume d’utilisateurs et la fréquence de génération de vidéos.
Pour comprendre l’ampleur du phénomène, il faut plonger dans les rouages techniques.
La génération de vidéos avec l’IA coûte cher
Contrairement aux modèles textuels, plus simples à gérer, les systèmes de génération vidéo comme Sora traitent des données en quatre dimensions pour assurer une cohérence fluide sur des dizaines d’images par seconde.
Un analyste de Cantor Fitzgerald, Deepak Mathivanan, évalue à environ 1,3 dollar le coût interne pour OpenAI de produire une vidéo de dix secondes, durée standard pour une unité de crédit.
Cette évaluation s’appuie sur une quarantaine de minutes de temps GPU par clip, réparties sur plusieurs unités parallèles, avec un tarif de location autour de deux dollars l’heure. Un expert de SemiAnalysis confirme la plausibilité de ce chiffre, tout en nuançant selon les variantes du modèle utilisées.
Actuellement, OpenAI facture un dollar pour une vidéo basique via son interface de programmation, et trois dollars pour une version plus sophistiquée, sans marge bénéficiaire apparente pour l’instant.
L’équation devient explosive lorsqu’on intègre le volume d’activité.
Avec environ 4,5 millions d’utilisateurs estimés sur l’application Sora, et en supposant que le quart d’entre eux produise en moyenne dix vidéos quotidiennes (une hypothèse avancée par des observateurs du secteur), cela donne plus de 11 millions de clips par jour.
Multiplié par le coût unitaire, on frôle les 15 millions de dollars quotidiens.
Cette projection exclut les échecs : vidéos abandonnées pour non-conformité ou brouillons consommant des ressources sans aboutir.
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La gratuité pour attirer les utilisateurs
Offrir un accès gratuit à cette fonctionnalité constitue une stratégie audacieuse, typique des géants technologiques en phase de conquête. Chez Yiaho, nous sommes convaincus que la gratuité est non seulement appréciable pour les internautes, mais aussi, et surtout, l’avenir de l’intelligence artificielle !
OpenAI mise aussi sur une adoption massive pour dominer le marché, en acceptant des pertes initiales dans l’espoir de réduire les coûts à long terme et de monétiser plus tard. OpenAI n’est pas rentable, mais l’entreprise a été adoptée par des millions d’utilisateurs avec une rapidité extrême. C’est une tactique éprouvée sur internet : prioriser l’audience et l’engagement avant la rentabilité, comme l’ont fait Meta ou Google par le passé.
Sam Altman, patron d’OpenAI, a pour l’instant écarté un modèle publicitaire sur GPT, jugé insuffisant face aux besoins en puissance de calcul. En parallèle, les données collectées auprès des utilisateurs non opposés servent à affiner les algorithmes, comblant un appétit vorace pour des contenus vidéo annotés.
Cela pourrait conférer un avantage compétitif durable. OpenAI parie ainsi sur un avenir où l’abondance de vidéos gratuites aura forgé un écosystème rentable, transformant un gouffre financier en mine d’or potentielle.
Source : Forbes

