Une étude menée par PulseLife, entreprise lyonnaise spécialisée dans les solutions numériques pour les professionnels de santé, vient de publier son premier baromètre sur l’adoption de l’intelligence artificielle en médecine.
Réalisé auprès de 608 répondants, dont 54 % de médecins, l’échantillon est présenté comme représentatif de la population médicale française. L’équipe de Yiaho revient sur ces chiffres intéressants concernant l’adoption de ChatGPT dans le milieu médical.
ChatGPT : l’outil le plus plébiscité malgré ses limites
Le chiffre qui marque les esprits : 62 % des médecins déclarent intégrer ChatGPT à leur pratique quotidienne.
Un score impressionnant quand on sait que l’outil n’a que trois ans d’existence grand public. Plus largement, plus de la moitié des professionnels de santé interrogés reconnaissent utiliser une IA généraliste (ChatGPT, Gemini, Grok ou autres) dans leur activité.
L’usage est encore plus fréquent dans les territoires sous-dotés : les praticiens exerçant en désert médical y ont davantage recours, comme pour pallier le manque de temps ou de confrères à consulter rapidement.
Une adoption massive de l’IA, mais une confiance limitée
Derrière cette adoption fulgurante se cache une réalité plus nuancée.
- 66 % des utilisateurs ont déjà été confrontés à des réponses fausses ou incomplètes,
- 94 % se disent insatisfaits des IA généralistes actuelles.
- Près de six professionnels sur dix (57 %) s’inquiètent particulièrement de l’absence de validation scientifique des informations délivrées.
- Seule une petite minorité, 19 %, affirme n’avoir aucune réticence face à ces outils.
Lire également à ce sujet : Il existe un conseiller médical en ligne sur Yiaho !
Fréquence d’utilisation : l’IA déjà ancrée dans le quotidien
L’étude révèle également à quel point l’IA est devenue routinière :
- 81 % des professionnels de santé l’utilisent au moins une fois par semaine.
- 23 % y recourent tous les jours.
Des chiffres qui témoignent d’un changement profond des habitudes de travail, même si l’usage reste majoritairement complémentaire et non substitutif à l’expertise humaine.
Vers des outils plus fiables et spécialisés ?
Ce baromètre nous montre que les médecins adoptent massivement les IA généralistes tout en pointant leurs failles rédhibitoires, notamment en matière de fiabilité scientifique. Un signal fort pour les éditeurs qui travaillent déjà sur des modèles dédiés à la santé, censés offrir des réponses sourcées et validées.
Il existe désormais plusieurs outils, même en France, offrant des conseils médicaux assistés par l’IA. Par exemple, Doctolib a récemment annoncé une assistance intégrant l’IA, et la start-up MedGPT tente de se faire une place dans cet univers très concurrentiel. Est-ce que ChatGPT pourra surpasser ces initiatives nationales ?
En attendant, ChatGPT et ses concurrents occupent le terrain… avec prudence. Les professionnels de santé semblent avoir intégré l’IA comme un assistant rapide, mais gardent systématiquement leur esprit critique allumé. Une forme d’équilibre qui pourrait bien définir l’avenir de la « médecine augmentée ».
Source : LeProgrès

