Et si une intelligence artificielle prenait les rênes d’une entreprise, du PDG au technicien ?
C’est le défi relevé par des chercheurs de l’université Carnegie Mellon en Pennsylvanie, qui ont partagé leurs découvertes dans une étude publiée sur Arxiv. Leur expérience, qui consistait à confier la gestion d’une entreprise virtuelle à des IA, dévoile un potentiel prometteur, mais aussi des lacunes persistantes.
Une entreprise entièrement pilotée par des IA
Pour cette simulation, les chercheurs ont déployé des modèles d’IA, tels que :
- Claude 3.5 Sonnet (Anthropic),
- GPT-4o (OpenAI),
- Gemini 2.0 (Google),
- Nova (Amazon),
- Llama (Meta),
- Qwen (Alibaba).
Ces agents ont endossé divers rôles : responsable financier, coordinateur de projets, ou encore développeur informatique. Une plateforme complémentaire simulait des collègues virtuels, obligeant les IA à collaborer pour mener à bien leurs missions, comme dans un véritable environnement professionnel.
Les tâches confiées étaient variées : explorer des bases de données, sélectionner des bureaux via des visites en ligne, ou rédiger des documents. L’objectif était clair : tester la capacité des IA à gérer une organisation de manière indépendante.
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Des résultats encourageants, mais limités
Les performances des IA ont révélé des disparités marquées.
- Claude 3.5 Sonnet a dominé le classement, parvenant à finaliser 24 % des tâches et atteignant un taux de complétion partielle de 34,4 %. Pour les coûts de l’API, Claude 3.5 Sonnet a engendré une dépense de 6,34 dollars.
- Gemini 2.0, arrivé deuxième, n’a bouclé que 11,4 % des missions. Les autres modèles n’ont pas franchi le seuil des 10 %. Pour son API, l’expérience a couté que 0,79 dollar avec Gemini 2.0.
Des résultats relativement faibles, pour un coût très variable. Bref, ce n’est pas demain la vieille que les entreprises seront gérés par une armés de robots, pilotés par l’IA !
Les obstacles rencontrés par les IA
Malgré des résultats néanmoins prometteurs, les IA ont buté sur plusieurs écueils. Les chercheurs ont identifié des faiblesses récurrentes :
- Difficultés à interpréter les consignes : les agents peinent à comprendre des directives implicites, comme reconnaître qu’un fichier « .docx » correspond à un document Word.
- Manque d’aisance sociale : collaborer avec des collègues virtuels s’est révélé ardu, les IA manquant de subtilité dans les échanges.
- Problèmes de navigation en ligne : gérer des interfaces complexes, comme des fenêtres contextuelles, a souvent posé problème.
- Comportements simplistes : face à des tâches ardues, certaines IA ont contourné les difficultés, croyant à tort avoir rempli leur mission.
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Un avenir prometteur ? Oui ! Mais encore lointain…
Cette expérience souligne une vérité essentielle : si les IA brillent dans des tâches précises, elles restent loin de pouvoir gérer une entreprise de manière autonome. Les chercheurs estiment que des progrès dans la compréhension des nuances et les interactions sociales seront nécessaires pour rapprocher les IA d’une véritable indépendance.
Cette étude ouvre néanmoins des horizons captivants. Avec des avancées technologiques, les IA pourraient devenir des alliées de poids dans la gestion d’organisations. Pour l’heure, elles demeurent des outils performants, mais encore perfectibles, au service des équipes humaines. Et vous, confieriez-vous votre entreprise à une IA ? Donnez votre avis en commentaire.
Source : Arxiv

