L’intelligence artificielle, moteur d’innovations majeures, pourrait devenir un fardeau pour la planète si sa consommation énergétique n’est pas maîtrisée. Chez Yiaho, nous sommes évidemment préoccupés par la pollution liée à l’IA et son empreinte carbone, un sujet sur lequel nous réfléchissons depuis des années. Il est donc essentiel de partager les conclusions et analyses du Shift Project.
C’est dans un rapport publié le 1er octobre 2025 que le Shift Project, think tank français dédié à la décarbonation et dirigé par Jean-Marc Jancovici, tire la sonnette d’alarme : sans une planification rigoureuse, l’empreinte électrique des data centers mondiaux pourrait tripler d’ici 2030, menaçant les objectifs climatiques internationaux.
L’IA : Une consommation électrique en pleine explosion
Le rapport met en lumière une projection alarmante : la consommation électrique des centres de données pourrait passer de 530 térawattheures (TWh) en 2023 à un niveau compris entre 1 250 et 1 500 TWh en 2030.
Cette hausse vertigineuse serait largement portée par l’essor de l’IA et l’usage massif de modèle comme notre ChatGPT gratuit en ligne, dont les besoins en calcul, notamment pour l’entraînement des modèles d’apprentissage profond, sont particulièrement énergivores.
Alors qu’en 2023, l’IA représentait environ 15 % de la consommation des data centers, sa part pourrait grimper à 35, voire 55 %, d’ici la fin de la décennie.
Cette trajectoire, qualifiée d’« insoutenable » par le Shift Project, met en péril les engagements pris dans le cadre des accords climatiques, notamment ceux de l’Accord de Paris. Les data centers, déjà responsables d’une part significative des émissions mondiales de gaz à effet de serre, pourraient devenir un obstacle majeur à la transition écologique si rien n’est fait.
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Imposer un plafond énergétique : La solution ?
Face à ce défi, le think tank propose une mesure radicale : instaurer un « plafond de consommation énergétique » pour le secteur numérique. Cette « trajectoire plafond » viserait à limiter l’impact carbone des technologies, en particulier de l’IA, tout en garantissant une compatibilité avec les objectifs de neutralité carbone.
Selon les experts du Shift Project, une telle régulation nécessiterait une coordination internationale et des politiques publiques ambitieuses pour encadrer le développement des infrastructures numériques.
Le rapport souligne également l’importance d’optimiser les technologies existantes et de privilégier des solutions moins énergivores, comme des algorithmes plus efficaces ou des data centers alimentés par des énergies renouvelables.
Cependant, ces mesures ne suffiront pas sans une gouvernance globale pour freiner l’expansion incontrôlée des capacités de calcul.
Un appel à l’action immédiate
Le Shift Project insiste sur l’urgence d’agir. Il appelle les gouvernements, les entreprises technologiques et les institutions internationales à collaborer pour intégrer la sobriété énergétique dans le développement de l’IA.
Alors que les géants de la tech continuent d’investir massivement dans des infrastructures pour soutenir l’IA, ce rapport met en lumière un paradoxe : la révolution technologique, souvent présentée comme une solution aux défis du XXIe siècle, pourrait aggraver la crise climatique si elle n’est pas encadrée.
Le Shift Project pose ainsi une question cruciale : l’humanité saura-t-elle concilier innovation et responsabilité environnementale ?
Source : TheShiftProject


